Séjours scolaires en immersion

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Entretien avec un participant

Entretien avec un participant High School

80 JOURS... ET TOUT CE QUI S'ENSUIT !

Romain Cardon nous parle de son séjour de trois mois en Australie et des opportunités qui en ont découlé. À travers son témoignage, on réalise que le programme "HIGH SCHOOL — 80 JOURS n'a pas grand-chose à voir avec un séjour d'été classique... 

CALVIN-THOMAS — Quand es-tu parti et où es-tu parti ?

Romain — Je suis parti l'été 2004, entre juin et septembre. J'étais en fin de seconde. J'avais 16 ans. J'ai rogné sur mes vacances d'été pour participer à ce séjour de trois mois. Je vivais en Australie, au sud d'Adélaïde, sur la côte, à Victor Harbor exactement.

CALVIN-THOMAS — Tu parles de « rogner » sur tes vacances. Pourquoi ?

ROMAIN — Parce que je n'étais pas en vacances ! Là-bas, j'étais scolarisé. C'est très important. Pour moi, c'est cette idée d'aller à l'école qui donne tout son intérêt à ce séjour. Je ne serais pas parti trois mois comme ça en vacances. J'en aurais vite fait le tour et l'intérêt aurait été moindre.

 

CALVIN-THOMAS — Pourquoi as-tu choisi l'Australie?

ROMAIN — Au départ, ce pays me tentait, c'est certain, mais je pense que si j'avais été en fin de première, j'aurais alors pu penser partir aux USA ou en Afrique du Sud (NDLR : le départ et le retour pour ces pays sont plus tardifs). Comme j'étais en seconde, le fait de partir à la mi-juin ne posait aucun problème particulier : il n'y avait plus de cours, pas d'examens, j'étais donc libre... À un moment, je me souviens avoir pensé partir en Espagne. Mais j'ai opté pour Calvin-Thomas et donc pour l'Australie.

 

CALVIN-THOMAS — Qu'est-ce qui a été déterminant dans ton choix ?

ROMAIN — Quand j'ai commencé mes recherches, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, j'étais un peu dans le flou. J'ai reçu une documentation et je me suis rendu à une réunion d'information de PIE. En fait je m'étais trompé : il n'y avait là que des gens qui partaient pour une année. Mais j'ai tout de suite été séduit par le concept. En écoutant tout le monde, j'ai compris l'intérêt d'un tel projet. J'ai réalisé que, dans la mesure où on intégrait l'école, « Partir trois mois » se rapprochait de cette idée, et comme je ne me sentais pas totalement prêt pour l'année, ce séjour d'un trimestre me paraissait être un bon compromis.

 

CALVIN-THOMAS — En quel sens ?

ROMAIN — D'une part, je souhaitais progresser significativement en anglais, d'autre part, je n'arrivais pas à concevoir que je puisse couper ma scolarité pendant un an. D'ailleurs, je n'étais pas sûr d'être prêt psychologiquement à la grande fracture. A vrai dire, ce n'était pas ce que je cherchais. Avec la distance, j'ai le sentiment que ceux qui partent un an recherchent une vraie aventure, qu'ils ont besoin d'une vraie révolution. Moi, je n'étais sans doute pas dans ce mouvement-là. Disons que j'étais plutôt dans l'idée de découverte que de bouleversement.

 

CALVIN-THOMAS — Un mot sur le séjour en lui-même, sur la famille par exemple.

ROMAIN —Je vivais avec un père de 60 ans et une fille de 17. La mère vivait séparément, à Sydney, avec son fils. Le père était très gentil, très disponible, il m'a montré beaucoup de choses, on parlait beaucoup. Ce séjour de toute façon a été une succession de découvertes. C'était globalement très positif. Deux ans après, je cherche encore ce qui n'a pas été positif, et je ne trouve pas.

 

CALVIN-THOMAS — Le fait d'intégrer l'école pour seulement trois mois, n'est-ce pas un handicap ?

ROMAIN — Quelque part oui, c'est dommage. Mais dans la mesure où on intègre les cours au début du second semestre, donc au début d'un cycle, c'est tout à fait faisable. Par ailleurs tout le monde — élèves et profs— est si accueillant que c'est assez facile. Je n'ai pas du tout été considéré comme quelqu'un de passage ; je n'étais pas là pour faire joli. Et de mon côté, je dois dire que j'ai joué le jeu à fond. J'ai par exemple intégré le cours de théâtre : j'ai participé aux répétitions comme si j'allais jouer en fin d'année alors que je savais pertinemment que je ne serais plus là au moment de la représentation. Et lorsque je suis parti on m'a remplacé. De la même façon, j'ai participé aux sports à fond, etc. Je me suis vraiment investi et je reste persuadé que c'est la condition sine qua none pour ne pas avoir l'impression d'être un "touriste".

 

CALVIN-THOMAS — Le fait de repartir après trois mois, et de laisser des choses en plan n'est-il pas trop pénible ?

ROMAIN — C'était l'enjeu au départ. Je le connaissais. Je crois que j'ai supporté la chose car je m'étais programmé dans ce sens. Mais il est vrai que ce n'est pas évident. Surtout scolairement, car on abandonne quelque chose en cours de route. Au niveau de la famille, cela ne change rien, car de toute façon, un jour ou l'autre il faut rentrer ! Et de ce côté là, j'imagine que plus on passe de temps, plus c'est difficile.

 

CALVIN-THOMAS —Quand tu discutes avec ceux qui ont passé toute une année scolaire, est-ce que tu te sens proche d'eux ?

ROMAIN — Totalement - beaucoup plus en tout cas que de ceux qui sont partis passer un mois de vacances à l'étranger - je me sens membre de la même "famille".

 

CALVIN-THOMAS — Que te reste-t-il aujourd'hui de cette expérience ?

ROMAIN — Je sais que ce séjour a été le moment clé de ma scolarité et qu'il est même aujourd'hui un vrai point de repère dans ma vie de tous les jours. On peut dire que j'ai réussi à mettre cette expérience à profit.

 

CALVIN-THOMAS — Au niveau de la langue, trois mois est-ce suffisant ?

ROMAIN — Il est évident qu'un an c'est mieux, surtout pour l'anglais. Mais d'un autre côté, quand je suis rentré, j'avais conscience que mes acquis étaient fragiles et j'ai continué à bosser. Contrairement à ceux qui partent un an et qui peuvent s'endormir sur leurs lauriers, ce séjour a été pour moi une motivation supplémentaire pour améliorer mon anglais et les autres langues.

 

CALVIN-THOMAS — Où en es-tu aujourd'hui ?

Romain — En rentrant, j'ai fait ma première, puis ma terminale. En avril dernier, j'ai passé le concours de "Science-Po Lille — Filière franco/britannique". J'ai réussi à faire partie des 100 admissibles. En juin, j'ai passé le bac (NDLR : brillamment d'ailleurs, puisque Romain a eu une mention très bien !) et dans le même temps, j'ai passé l'oral du concours Science-Po. J'ai compris alors l'avantage que j'avais sur les autres. L'oral se faisait intégralement en anglais. J'ai tout de suite parlé de mon expérience en Australie. Mon parcours, je crois, les a intéressés. J'avais quelque chose de spécial à raconter, les autres, non. Du coup les examinateurs leur ont posé des questions difficiles auxquelles ils n'ont pas su répondre.

 

CALVIN-THOMAS — Alors que toi, tu avais quelque chose à apprendre aux examinateurs ?

Romain — C'est presque ça, oui ! De toute façon sur les 38 qui ont été pris, quasiment tous sont bilingues, ou bien ont vécu à l'étranger.

 

CALVIN-THOMAS — En quoi consiste ton cursus ?

Romain —: Je suis actuellemnt à l'université du Kent à Canterbury, en Angleterre, où je vais passer un an. L'an prochain, je reviens, à Lille. La troisième année, je retourne à Canterbury, et je retourne à nouveau à Lille en quatrième année. Et j'ai la possibilité de choisir pour la dernière année. À la fin de mes cinq années d'études, j'aurai le double diplôme de l'Université de Kent et de Science-Po Lille.

 

CALVIN-THOMAS — Finalement, ton séjour de trois mois t'aura amené à vivre deux années d'études à l'étranger ?

Romain —Exactement. Maintenant, je peux dire que je fais intégralement partie de la "famille" de la "longue durée". À l'université, je vis au jour le jour dans une atmosphère totalement internationale, avec des étudiants qui ont des expériences très diverses, qui viennent de partout et qui ont souvent vécu aux quatre coins du monde. Dans mon entourage, tout le monde a été voir un peu ce qui se passait ailleurs.

 

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