Interview
Sarah est partie durant l’été 2009 aux États-Unis
dans le cadre du séjour « 80 Jours » en Homeschool.
Calvin-Thomas — En quoi consistait
ta journée « d’école à la maison »
(nombre d’heures de cours, matières étudiées et
méthode d’enseignement, etc.) ?
Sarah — Les cours commençaient vers 9 h 30 (ou plus tard les
jours où la mère de famille devait travailler). Les cours duraient
environ 3 h. Ils commençaient généralement par une prière,
puis une lecture des scripts religieux, à laquelle je n’étais
cependant pas forcée de participer.
Ensuite on lisait 2 ou 3 chapitres d'un livre, tous ensemble. On étudiait
les mathématiques, mais étant donné les différences
d'âge et de niveau, chacun avait sa propre fiche d'exercices. Nous avions
Histoire ou Science, en alternance, un jour sur deux. Pendant mon séjour
on a étudié l’Astronomie.
Un jour sur deux, en alternance également, nous avions Art plastique
(peinture...) ou Musique (piano, chant...). Enfin, une fois par semaine, nous
avions un travail de recherche à faire, qui portait sur des sujets
assez divers. Ma mère d’accueil choisissait librement ce qu'elle
voulait enseigner. Tous les enfants travaillaient les mêmes matières.
Calvin-Thomas — Les enfants « Homeschoolers » ont-ils,
parallèlement aux activités familiales et aux cours pris en
famille, des activités en commun ? Lesquelles ? Selon quelle fréquence
les rencontres sont-elles organisées ?
Sarah — Oui, il existe des activités spéciales
pour les enfants « Homeschoolers ». Si une mère sait faire
quelque chose de particulier, elle choisit un jour et une fréquence
(1 fois par semaine ou par mois) pour transmettre son savoir aux autres enfants
de la communauté. Ma mère d’accueil, par exemple, chantait
et jouait très bien du piano, alors elle enseignait ces matières.
J’étais pour ma part en cours de littérature tous les
mercredis matin de 10 h à 13 h avec des filles qui avaient entre 14
et 18 ans. Je suivais aussi, tous les vendredis, un cours qui portait sur
la vie en général ; on y parlait de l'avenir. Beaucoup
d'activités étaient également organisées par l'église.
Ces activités s’adressaient à tout le monde, pas seulement
aux enfants « homeschoolers ».
Calvin-Thomas — Quels sont les points fort de l’école
à la maison ? Et ces points faibles ?
Sarah —Pour moi les points forts sont les suivants : une personne a
du temps pour répondre à vos questions, les cours sont adaptés
à vos capacités, il n’a pas de stress si l'on n'arrive
pas à faire quelque chose et les horaires sont flexibles.
Les points faibles : comme tous les enfants apprennent les mêmes choses,
dans les familles où les différences d'âge sont trop importantes
et où il y a beaucoup d'enfants, les plus âgés sont souvent
en retard sur certains points (ils apprennent encore à lire à
huit ans) et les plus jeunes sont confrontés à des choses trop
compliquées qu'ils ne comprennent pas forcément. Mais pour nous,
« Homeschoolers » étrangers, le problème ne se posait
pas vraiment.
Calvin-Thomas — Quels conseils donnerais-tu à un futur
participant ?
Sarah — Le plus important est de faire preuve de bonne volonté,
de ne pas se faire une idée dès le premier jour, même
si l’ambiance semble vraiment étrange. Il faut surtout poser
des questions, demander de répéter ou demande des explications
supplémentaires. Ici, ce n'est pas comme à l'école, vous
avez l’avantage de pouvoir aller à votre rythme. Ensuite, il
faut essayer de parler et de discuter avec tout le monde, chacun est intéressant,
chacun à son propre point de vue. Si, dans les premiers temps, vous
ne comprenez pas ce que l’on vous dit en anglais, il ne faut surtout
pas hésiter à demander, il y aura toujours un moyen de comprendre…
un simple sourire peut vous aider à attirera la sympathie de tout le
monde. Les Américains sont très démonstratifs. Et ils
restent souriants en toute circonstance. Si quelque chose vous paraît
peu intéressant, essayez quand même de le faire. Au final, on
peut être surpris.
Et enfin, un dernier conseil : profitez de tout !